Pascal Lucas nous parle du film « Les Parisiennes Libertines « 

Samedi 30 janvier 2016Par Sabrinella

Le tandem de réalisateurs Pascal Lucas/Hervé Bodilis revient ce mois-ci pour son deuxième film, intitulé « Les Parisiennes libertines ». C’est Pascal qui en a écrit le scénario, en s’inspirant de plusieurs épisodes de sa vraie vie de libertin. Il nous raconte tout dans cet article…

Pour Sade ou Laclos, le libertin ne pouvait être qu’un homme, dandy décomplexé ne se refusant rien ni personne. Le temps des Lumières est révolu, les libertines sortent de l’ombre du macho-queutard. En couple ou en solo, elles sont avocate, toubib ou femme au foyer. Les libertines sont les femmes des années 2000, et regardez bien, il y en a certainement une à côté de vous !

«T’es vraiment qu’une salope !». Cette phrase n’a pas la même signification si elle vient d’un homme ou d’une femme. Entre copines, ça veut surtout dire : «tu as osé, je t’envie». Venant du mari, ce

serait plutôt : «t’aurais pas dû oser, je te vire». Ce film raconte donc l’histoire de 4 salopes, mais ce sont elles qui le disent. C’est ça qui m’a donné envie d’écrire ce scénario. Je connais des femmes qui osent appeler le plombier pour se faire sauter sur leur machine à laver, d’autres qui se tapent leurs stagiaires. Ce qui était un fantasme d’homme il y a 30 ans est devenu la réalité de la femme. Je fête bientôt mes 20 ans de libertinage, et je peux vous dire que ce sont les femmes les reines du «milieu». Essayez donc d’entrer au Taken (club libertin parisien) avec un pote, de tenter une percée dans les coins-câlin ou d’enregistrer un profil sur un site de rencontres libertines sans elle. C’est mort, t’es personne mon pote !  Sur la scène d’orgie du «Parfum de Manon», j’avais invité 15 couples libertins qui devaient juste faire de la figuration en arrière-plan. Au bout de 15 minutes, Hervé Bodilis, avec qui je co-réalisais le film, est venu me voir pour me dire : «j’ai jamais vu ça, ils baisent plus que nos acteurs !». La tension sexuelle de cette scène était réelle, aucune triche. Je crois que nos acteurs masculins étaient eux aussi très excités de voir ces libertines qui papillonnaient.. Mon deuxième film avec Hervé parle donc de ces femmes-là, celles qui ne cherchent pas à vous faire bander mais qui baisent pour leur plaisir, et c’est très excitant. C’est de cela que l’on a voulu parler ici : quatre copines qui aiment les hommes, qui en ont besoin dans leur vie de femme, mais sans soumission (ou alors volontaire !). Ma scène préférée dans «Les parisiennes libertines», c’est ce moment où elles prennent un «taxi pupute». Le jeu consiste à jouer les catins déchaînées pour mettre mal à l’aise un chauffeur de taxi. Et elles jouent de tout ce qu’elles représentent : le nombre car elles sont 4 , leur féminité, leur côté salope assumé. J’aime aussi leurs conversations très masculines quand elles parlent de leurs plans-cul : elles sont sans compromis, ou du moins en apparence car les couples libertins ne tiennent que sur une somme de compromis, mais qui ne sont pas imposés à l’autre. Si vous pensez que l’on a poussé le trait dans la scène avec Anna Polina et Lucy Heart sur la péniche avec les pompiers, eh bien détrompez-vous. J’ai dû retenir mes envies de réalisme en me limitant à 3 pompiers,  car cette idée n’est en fait que le souvenir d’un club libertin parisien qui avait une sorte de contrat avec des pompiers pour organiser des « soirées trio » tous les lundis.

Il y aussi Anissa Kate dans le rôle de la femme mariée qui se fait baiser par un inconnu pêché sur Internet par son mari. Et ça aussi c’est plus vrai que vrai. Ces mecs qui débarquent n’importe quand pour baiser la femme d’un autre sans poser de question ont un nom pour les libertines : les «godes sur pattes». Vient ensuite le personnage de Cécilia De Lys, jeune avocate qui se sait trompée mais qui a peur des conséquences d’une rupture. Elle décide alors de baiser sans attirance avec des hommes rencontrés en club libertin. Mais le retour de manivelle opère : pas simple de s’assumer salope. Voilà, c’est ça les «Parisiennes Libertines». Mais ne croyez pas qu’elles ne vivent qu’à Paris,. Elles sont partout, et nulle part en particulier. C’est d’ailleurs ce petit truc en plus qui les rend excitantes. Elles sont discrètes, et c’est à nous de les deviner. Enjoysex, c’était Luka.